Je le fixais un sourire grimaçant aux lèvres, les sourcils relevés en virgule, non content de ne pas être spectateur de la scène à suivre:
- “Ne le fais pas trop souffrir hein tues-le proprement ?”
Mais c’était comme demander à un fou de tenir un discours censé. Impossible.
De retours dans la salle d’opération je superposais le lieu avec mes souvenirs soucieux d’y voir resurgir des scènes cauchemardesques auquel je n’avais assisté que dans mon imaginaire. Les nerfs à vif je progressais dans un lieu ou les hurlements donnait naissance aux rires démentiels de ses persécuteurs. C’était cela la faim du chaos, le potentiel brut émergeant de la dynamique de tueurs parfaitement rodés au goût de la chair.
Une force centrifuge tendait à m’éloigner du centre de la pièce et me condamnait à raser les murs. Vorace murmurais-je, vorace et tenace comme une marque indélébile qui imprégnait le lieu de souffrance physique et morale et susciterait le bruit du déchirement de la conscience. Je comprenais soudainement ce que signifiait l’expression fou de douleur.
Il souriait béatement d’une bouche hérissée de crocs. Un prédateur stimulé par l’odeur de sang et de boucherie. Cet Homme était enfin chez lui.
