- “Pourquoi tu l’agresses ?
- Pourquoi tu parles ?”
Il hausse légèrement les sourcils, une ombre de sourire sur le visage, réflexe que trahit son instinct meurtrier face à toute espèce d’opposition et de provocation. Résistance et désobéissance ou l’incompatibilité de se lier à une force de caractère, dont la capacité à supporter toutes contraintes physiques ou morales se situent bien au delà de l’endurance des hommes. Deux orbites vides me fixent comme une proie:
- “Pourquoi tu l’agresses ?
- Pourquoi tu parles ?”
Il se tais durant quelques secondes puis rajoute le visage rouge de colère et d’excitation par opposition au ton calme et doucereux qu’il adopte:
- “Toi tu commences à me saouler !”
Je me raidis et le silence oppressant se fige dans l’instant comme une condensation immédiate de l’air ambiant. L’image qui me vient à l’esprit est cependant dénué de toute compassion, et m’évoque de longs piques de glace qui m’effleurent l’échine, galvanisés à l’idée de me transpercer la colonne vertébrale.
- ” Oh oui ! C’est pas bon ça !”
Je ne bouge plus depuis trois bonnes minutes et attend qu’il s’éloigne vers sa chambre tandis que sa voix continue de s’élever de l’autre côté:
- “Vivement que tu t’arraches.”
